CONTEXTE

La Problématique sociétale et l’impact santé

Glucides, oui mais lesquels ?

La prévalence du diabète ne cesse d’augmenter, du fait d’une part du vieillissement de la population et d’autre part de la forte prévalence du surpoids et de l’obésité. Ainsi environ 5% de la population française serait diabétique d’après des chiffres de prévalence estimés à partir des feuilles de remboursement de l’assurance maladie.  Les estimations de la Fédération Internationale du Diabète indiquent que 380 millions de personnes sont atteintes par un diabète de type 2. Parallèlement, l’explosion de l’obésité chez les enfants et adolescents est également bien documentée. Un des facteurs principaux du développement de ces prévalences est la mauvaise alimentation. Des travaux récents ont soulevé de nombreuses questions concernant les quantités et les types de glucides à intégrer afin de proposer une alimentation quotidienne équilibrée et saine. Ces questions sont d’importances, d’autant plus que les générations les plus jeunes consomment 4 fois moins de fruits et de légumes que leurs grands-parents et se dirigent ainsi vers une alimentation, riche, notamment, en glucides. Néanmoins certaines sources de glucides peuvent être bénéfiques et dépendent principalement du contenu en fibres, mais également de l’index glycémique de l’aliment. 

Les aliments qui sont digérés, absorbés et métabolisés rapidement sont considérés comme ayant des index glycémiques élevés (>70 sur l’échelle du glucose), alors que ceux qui sont digérés, absorbés et métabolisés doucement sont considérés comme ayant des index glycémiques faibles (≤55 sur l’échelle du glucose). De nombreux travaux permettent de confirmer les évidences épidémiologiques suggérant une relation directe entre la glycémie postprandiale et le risque de développer une maladie cardiovasculaire et l’augmentation de la mortalité totale chez les personnes avec ou sans diabète de type 2. Une glycémie postprandiale mieux contrôlée semble apporter des bénéfices supérieurs sur la réduction du risque cardiovasculaire en comparaison avec un objectif uniquement fixé sur la glycémie mesurée à jeun. La fédération internationale du diabète (IDF) reconnait la pertinence de la régulation de la glycémie prandiale et l’importance de réduire les pics de glycémie suite aux différents repas de la journée. Enfin, des études très récentes démontrent une explosion de l’obésité chez l’enfant et l’implication de l’alimentation dans celle-ci et indiquent un bénéfice significatif, notamment du petit-déjeuner proposant des aliments avec un index glycémique faible, sur les capacités cognitives chez les enfants et adolescents. Ainsi, plus l’IG est faible, moins l’impact sur la variabilité glycémique et la santé est important.  

Pour exemple, notre laboratoire a récemment démontré qu’une seule boisson sucrée suffisait pour entraîner un pic important de glycémie associé à une baisse de la capacité de relaxation des vaisseaux sanguins. Cette dernière est bien reconnue comme un marqueur puissant et précoce du risque cardiovasculaire. Ces résultats ont été obtenus chez des patients diabétiques, mais aussi chez des sujets jeunes et en bonne santé ! Le contrôle de l’IG est donc important pour maitriser les effets de la consommation de glucides/sucres sur la santé !

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